Les élèves et leur rapport au savoir

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PISA a montré que l’école renforce les inégalités. Comment faire rentrer dans les savoirs les élèves qui sont le moins préparés à l’école ?

Qu’est-ce qu’apprendre ? Philippe Perrenoud : sociologue, anthropologue à l’université de Genève en SI et sciences de l’éducation ; travaille sur les questions d’apprentissage et les mutations des systèmes éducatifs : politiques éducatives, notion de « compétences ».

Philippe Perrenoud parle de « métier d’élève » : l’enfant a une place sociale en tant qu’élève, il doit mettre en place des stratégies à cause des grandes exigences qu’il pèse sur lui.

Pourquoi on apprend ? désir de respect, de tranquillité, de pouvoir, de statut.

Comment on apprend ?

  • désir d’apprendre et de motivation ;
  • persévérance, long terme >rapport au temps;
  • lié à la projection/avenir

Pour enseigner :

  • transmission d’une culture ;
  • on accompagne l’élève dans la construction des savoirs > connaissances.
  • Rapport au savoir /représentation
  • Temporalité, progressivité : Debray questionne le temps long de l’école contre l’immédiateté de l’école
  • Rôle de l’erreur dans l’apprentissage (école transmissive voit l’erreur comme une faute, avec l’école nouvelle erreur est un processus d’apprentissage)
  • Différente manière d’apprendre>différentes stratégies pédagogiques (les différents schémas pédagogiques : transmissif, multiplier les supports, les situations en groupe ou seul.., les outils…)

 

Bonnéry, Comprendre l’échec scolaire

Malentendu socio-cognitif (confrontation de deux visions distinctes ; pas forcément une mauvaise chose mais il faut du dialogue pour restructurer ces représentations) entre les attentes de l’enseignant et la compréhension qu’en fait l’élève.

L’élève Amidou : comprend que l’objet principal est d’apprendre la carte par cœur. Adopte une mise au travail de répétition de la carte modèle pour la mémoriser.

Enseignant :

  • Veut leur faire comprendre une légende > comprendre la symbolisation et comprendre la notion de carte géographique
  • la méthode pédagogique est la situation problème : le jour de l’évaluation utilisation d’un autre fond de carte pour réinvestir les symboles de la carte.

Hiatus : l’enseignant n’a pas su clarifier ses attentes sur le sens du travail (pourquoi fait-on ce travail : que comprendre, quel savoir-faire pour utiliser et réutiliser ?). Le problème du sens revoit à la motivation. Préciser les compétences visées > ce qu’il doit apprendre et ce qui doit savoir faire.

Problèmes : – ne propose pas une situation problème que pendant de l’évaluation, elle aurait dû expliquer davantage, faire d’autres exemples. En reformulant pour expliquer aux élèves elle met l’accent sur la carte plutôt que sur la construction de la carte (légende, symbolique…).

– l’élève fait plus attention à ce qui est écrit que sur les consignes orales.

Conséquences : mésestimation de soi et un sentiment d’injustice.

 

P.Rayou, Faire ses devoirs : enjeux cognitifs et sociaux d’une pratique ordinaire.

Conflit socio-cognitif : attentes scolaires différentes que l’exemple d’aide aux devoirs en famille.

Augustine (la tata) : oralité (lecture syllabique) >décryptage, fragmentation, mots, phrases.

Pour elle la lecture c’est « bien parler », insiste sur l’oralité

École et la lecture : recherche du sens du texte, lecture silencieuse, lecture individuelle.

La lecture est une compréhension fine de l’écrit pour l’école,

Problèmes : -inadéquation par rapport à ce qu’est la maîtrise de la langue.

-Pour Augustine préoccupation sociale de la langue orale (tandis que l’école n’en fait plus une condition de maîtrise).

-Difficulté par rapport aux attentes du niveau de 5ème.

-Démotivation de Précila parce que l’investissement pédagogique de Augustine n’est pas adapté car problème de transposition didactique = sa méthode inefficace.

-La prof fait preuve d’un jugement hâtif, d’une interprétation d’une situation (pas compris = manque de travail).

Effets : perte des repères, perte de confiance.

 

Les langages des opérations mentales de l’école pour tous d’Anne Armand

Laisse supposer qu’il y a un langage de l’école diffèrent de celui à la maison même si c’est du français : utilisation différence de vocabulaire, du sens même des mots.

Comment faire ? Langage de l’école :

L’enseignant >va reformuler avec des mots plus simples

>Faire un travail d’explicitation (pour savoir si les élèves ont compris) : définitions polysémies

L’élève > être capable de reformuler

>s’approprier le vocabulaire de l’école / discipline

>faire le lien entre les différents apprentissages

>apprendre à contextualiser/décontextualiser :

>verbaliser à récit d’un vécu ex. Qu’est ce qu’on a vu ? L’intérêt de mettre des mots dans une situation leur permet de « rentrer dans le récit » / d’apprendre à « raconter » parce que parfois certaines familles ne sont pas dans l’échange, ou alors pour des demandes factuelles (ordres) et pas des questions liées à un parcours.

En lien avec les conférences

  • Difficulté sociale
  • Milieu de vie de l’élève : contexte social
  • Rapport à la mémoire
  • Schéma narratif à construire : à la fois comprendre que le discours a une structure, et qu’ils doivent le faire en travail scolaire.

>renvoie à des difficultés liés au système éducatif français : accent particulier de l’écrit, nous interroge sur la place de l’oral.

>souvent les élèves violents le sont par manque de mots, la seul réponse qu’il trouve est physique.

 

Apprendre autrement aujourd’hui : la motivation à l’école de Fabien Fenouillet

Comment on va construire nos pratiques à partir de ce document ?

  • Lien avec les âges des élèves :

Au plus ils sont jeunes au plus motivation extrinsèque (faire plaisir aux parents-profs) mais période enfance est aussi une période de découverte, questionnement… (motivation intrinsèque)

Alors que l’ado va se replier sur soi et manque de curiosité s’installe dans certaines matières, motivation liée à l’orientation professionnelle.

  • Par exemple pour provoquer l’intérêt des élèves, sélectionner des ouvrages plus récents et plus adaptés à leur capacité.
  • Décrochage, Résignation

Motivation liée au sens qui suppose expliquer, pourquoi on fait ça et à quoi ça sert.

Attribution échec a une cause interne : résignation globale. Ou résignation spécifique à une tâche.

 

Motivation

>donner du sens

>faire croire aux élèves en leur propre capacité/compétence

>susciter l’intérêt

Ex. des jeux sérieux sont apparus il y a 10 ans : deux types de réaction, ceux qui pensaient que c’était la solution et les autres pensant que ce n’était pas sérieux et pas adapter aux missions de l’école. La solution est de multiplier les activités et les scénarios pédagogiques.