Méthodologie épreuve de composition à partir d’un texte

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L’épreuve 1 est une épreuve de rhétorique : produire un discours efficace qui agit sur les membres du jury (leur donner envie de nous voir à l’oral)

Cette épreuve est un genre hybride : composition argumentée à partir d’un texte.

Attention : ce n’est pas un commentaire de texte

Qu’est ce que l’argumentation ?

L’argumentation a pour objectif de provoquer l’adhésion d’un auditoire à une thèse.

– Connaître sa thèse

– Action importante à accomplir sur celui qui nous lit

– Se fait par des moyens verbaux appropriés

Attention : ne pas se contenter de donner une liste d’informations mais plutôt des informations qui emporte l’adhésion du lectorat.

 

Exemple 1ère épreuve du CAPES 2009 : La crue d’information et le rapport au savoir

/ Distinguer la thèse du ou des thèmes

Les thèmes dans ce textes sont : la crue d’information et le rapport au savoir

La thèse : une thèse c’est à dire quelque chose de quelque chose : il y a forcément deux idées en relation. C’est une proposition.

Sujet//prédicat

Sujet//attribut

Le fait d’être capable de dire le contraire d’une thèse est la preuve que je suis bien en face d’une thèse.

Ici, une thèse possible est : « La crue d’information change notre rapport au savoir ».

2/ Les questions à se poser

– Quels indices organisationnels ?

– Quels connecteurs logiques ? ce sont les indices de la subjectivité ; des connecteurs d’énonciation. Comment l’auteur s’engage dans le texte ?

– Quels indices lexicaux ? les mots pleins, les éléments qui indiquent l’opinion que l’auteur a d’un sujet. Ici : déluge, cru, grandes eaux, etc : ces mots renvoient à l’idée d’une noyade, d’un danger.

Répétition des mots : procédé rhétorique pour faire adhérer le lecteur.

Il faut faire subir au texte l’effort de l’expression. Comment pourrait on aller à l’encontre de la thèse « le déluge informationnel ne sera suivie d’aucune décrue » ?

Avancer l’idée que ce phénomène n’est pas nouveau : Pascal au XVIIè siècle déjà : « puisque nous ne pouvons pas savoir tout sur tout, il faut savoir un peu de tout ».

3/ Le texte

– 1er paragraphe : affirmation, constat. Suscite l’empathie avec l’utilisation du « nous » : il embarque le lecteur dans son constat.

– 2ème paragraphe : connecteurs temporels qui mettent en lien les idées.

Mise en opposition de maîtrise (du savoir) lié à une élite à la non maîtrise liée à la masse. La question de l’autorité est ici abordée. Qui est l’auteur de l’information ?

– 3ème paragraphe : éléments qui organisent son argumentation. Il réfute la thèse que « tout est enfin accessible ».

Replacer le texte dans son contexte : écrit en 1998. Il est un peu daté. Aujourd’hui Google « organise » l’accès à l’information.

La question de l’émetteur et du récepteur de l’information est une question transversale au texte. Aujourd’hui les auteurs se multiplient.

 Note : le jury attend des explicitations éclairées

Écrire dans son introduction :

1ère thèse : nous sommes confrontés à une crue de l’information

2ème thèse : nous devons repenser notre rapport au savoir.

Problématique : Comment cette crue de l’information change notre rapport au savoir ?

Thèse énoncée et transversale : les émetteurs de l’information sont aujourd’hui multiples. Il faut interroger aussi cette thèse dans notre texte.

Mettre à jour un fil conducteur. Pour cela il faut questionner la thèse de l’auteur.

Utiliser la rhétorique antique pour ce faire

Attention : Na pas inventer des idées.

Mobiliser des connaissances. Pour cela utiliser des méthodes d’exploration systématiques

Qu’est ce que la rhétorique antique ? L’idée est de combattre par la parole. C’est l’art du discours efficace. Pour Platon , qui recherche le Beau, le Bien, l’Idéal, la rhétorique est à combattre, alors que pour les rhéteurs, l’essentiel est d’agir dans la réalité, dans la vie commune. Il ne s’agit pas de savoir ce qui est beau, vrai mais ce qui est préférable face à une question. Débattre d’opinions (ce qu’on doit faire dans notre texte)

Méthode d’exploration

Pour envisager une thèse, on passe par des étapes :

  1. inventions, idées
  2. disposition
  3. élocution

1. Inventions, idées. Pour questionner les idées, méthode systématique : la topique (l’art d’explorer les idées). Il s’agit d’interroger systématiquement les choses. Pour ce faire :

– définir le sujet

Exemple : définir l’information.

Existe t-il plusieurs types d’information ?

Etymologie de « Information » : de forme: donner forme à, dans quelque chose.

– énumérer les parties du texte

– mettre à jour l’étymologie des mots clés

On parle donc aussi d’informateurs, des informations.

– questionner la cause et l’effet

Quel est l’origine de l’information? Accède t-on à la connaissance quand on est informé ? ou sommes nous noyés ?

– établir des comparaisons et des contraires

Comparaison : métaphore utilisée

Contraires : désinformation ? Se poser la question : qu’est ce que le contraire d’une information ? Trop d’information ou une absence d’information ?

(Faire la même chose pour le savoir)

– utiliser l’hexamètre de quintilien (auteur de l’antiquité) :

qui, quoi, où, avec quels moyens, pourquoi, comment, quand ?

– dégager l’implicite de la thèse : Quels sont les présupposés ?

Ex : notre rapport aux savoirs est facteur du flux d’informations.

– Mettre en évidence les jugements de valeurs souvent mis au clair par des couples d’opposition.

Ex : Nature/culture ; apparence/réalité ; individu/société …

En fonction de celui qui parle, il va mettre en avant l’un des deux éléments du couple.

Dans le texte : ordre/désordre ; individu/société ; passé/présent ; globalité/partie.

C’est l’idée d’une adaptation au désordre qui apparaît.

2 et 3. Disposition et élocution

Sur la base de la problématique dégagée du texte, bâtir sa composition et mettre en forme sa problématique

Note : Sa problématique est souvent assez proche de celle de l’auteur mais on rajoute le plus de notre formation, cad des capacités rhétoriques des connaissances en SIC.

Attention : Ne pas partir sur thèse/antithèse/synthèse

 

Corrigé de Olivier Le deuf

 1ere partie : explicitation du sens du texte avec ajout des connaissances en SIC

2eme et 3eme partie : heureusement il y a des profs docs ! Montrer le besoin de la formation

Attention : Trouver le fil conducteur de son argumentation

Plan :

  1. La cure d’information remet en cause le rêve encyclopédique

1.1. Constat. Il apporte des infos qui vont dans le sens de Lévy

1.2. Quelles sont les différents types d’infos

1.3. Fin du rêve encyclopédique : l’inaccessibilité du tout numérique

  1. Cela entraîne une modification de notre rapport au savoir

2.1. du côté de la production

2.2. du côté de la réception

2.3. Crise de l’autorité

  1. Importance de la formation de prof doc

3.1. Développement d’une culture numérique

3.2. Formation à la littératie numérique

Note : Bâtir son plan c’est accepter d’expliciter le texte, puis de faire le lien avec la formation de prof doc par rapport à cette question

Visuellement il faut percevoir l’organisation du texte :

Introduction, voir une organisation : formulation de la problématique + annonce du plan

Développement : 2 ou 3 parties.

Il n’y a pas de justification logique de 3 parties si on est pas dans le schéma thèse/antithèse/synthèse.

Chaque partie doit être organisée comme suit : formuler une phrase complète qui exprime ce que je veux dire dans cette partie. Recommencer pour chaque sous partie et nouvelles parties.

Conclusion : 2 parties. Phase de récapitulation et d’ouverture.

Issu de la rhétorique antique : pas d’ouverture mais moment de dépassement. Le but était de susciter des émotions fortes en apportant l’adhésion des lecteurs. « Elan persuasif »

L’ouverture c’est décaler la question. Comment la discussion pourrait se poursuivre ?

Attention : Ne pas mettre la super idée à la fin. Si il y a analogie intéressante avec le sujet, la traiter dans le développement. Ne pas écrire une ouverture si incohérent avec le sujet. Se contenter d’une bonne récapitulation.