Bibliométrie et accès aux écrits scientifiques : les 5 plus grosses bases de données en ligne

5 acteurs de la bibliometrie en ligne
  • La bibliométrie a pour objet de mesurer la visibilité ou l’impact des écrits scientifiques après leur parution en tant que publications, grâce à l’étude des documents tels qu’ils sont indexés dans les bases de données bibliographiques. Alfred Lotka, Samuel Bradford ou George Kingsley Zipf énoncent leurs lois entre 1926 et 1936. Eugène Garfield, avec son Index de citations en 1963 (Citation indexes for science : a new dimension in documentation through association of ideas) affine cette science en développant la scientométrie. Il utilise les citations présentes dans les articles scientifiques, c’est-à-dire les renvois faits à d’autres articles, pour lier les articles entre eux. Eugène Garfield fonda ISI, qui a connu un très gros succès et a été racheté par Thomson Reuters.

Aujourd’hui, Thomson Reuters (ISI : Web of Science) possède l’une des trois principales bases bibliometriques au monde. Les deux autres appartiennent à des acteurs privés : Elsevier (Scopus) et Google (Google scholar).
Nous vous les présentons ci-après avec une attention particulière pour Google Scholar, d’accès libre. Nous verrons ensuite WorlCat, plus grand catalogue de bibliothèques au monde, ainsi que la base de données BASE, toutes deux également libres mais qui émanent d’organisations à buts non lucratifs.

Thomson Reuters (ISI : Institute for Scientific Information)

L’Institute for Scientific Information (ISI) créé en 1960 par Eugene Garfield a été acquis par Thomson Scientific & Healthcare en 1992 et a porté le nom de Thomson ISI. À la suite de la fusion avec Reuters en 2008, la compagnie fait maintenant partie de la Thomson Reuters Corporation.
L’ISI a développé son activité autour de sept bases de données de publications scientifiques et de leurs citations via Web of science,  une interface web qui permet d’analyser les citations d’une personne, d’un groupe, d’un article ou d’un journal un service d’information universitaire en ligne.

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Web of Science,  un service d’information universitaire en ligne qui donne accès à sept bases de données bibliographiques :
– Conference Proceedings Citation Index
– Science Citation Index Expanded
– Social Sciences Citation Index
– Arts & Humanities Citation Index
– Index Chemicus
– Current Chemical Reactions
– Conference Proceedings Citation Index: Science and Social Science and Humanities

Elsevier (Scopus)

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L’éditeur Elsevier a lancé, en 2004, une base de donnée concurrente à celles d’ISI, sous le nom de Scopus. Celle-ci a rapidement rattrapé son retard et référence maintenant 16 500 revues scientifiques (y compris plus d’un millier en accès libre), 600 publications industrielles, 350 collections d’ouvrages, ainsi que plusieurs millions d’actes de conférences. La base de Scopus est paticulierement vaste dans le domaine des Sciences Humaines et Sociales et des revues non anglophones.
Elsevier a développé deux produits destinés à l’exploitation de ses bases de données :
– Scopus.com : interface web permettant d’analyser les citations d’une personne, d’un groupe, d’un article ou d’un journal.
– SciVal Spotlight : outils d’analyse comparative destiné aux institutions.

 

freeGoogle Scholar

Filiale du géant américain  Alphabet (Google) créé en 1998 par Larry Page et Sergueï Brin), Google Scholar a vu le jour en 2004 dans sa version béta.

Google Scholar permet d’effectuer des recherches étendues portant sur des travaux universitaires (articles scientifiques) : articles, thèses, livres, résumés analytiques et articles.

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L’outil bilbiométrique de Google Scholar donne accès aux indicateurs bibliométriques par auteur, revue ou article, ce qui permet de visualiser la portée d’un auteur/article, en fonction de son nombre de citations par exemple.

Au-delà de l’outil de recherche, Google Scholar propose également de créer votre profil.

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La création de votre profil vous permet de :
– effectuer le suivi des citations de vos publications. Lorsqu’un internaute lance une recherche sur votre nom dans Google Scholar, vous pouvez apparaître dans les résultats. Vous déterminez notamment les mots-clés (domaine de recherche) sur lesquels vous vous positionnez.
– rechercher des articles que vous avez écrits et les ajouter à votre profil. Vous pourrez ensuite modifier ou supprimer ces articles, ou en ajouter d’autres.
– créer votre bibliothèque personnelle dans laquelle vous pourrez conserver d’un clic les articles qui vous intéressent grâce à la fonction « Enregistrer » située sous le résultat de recherche. En cliquant sur « Citer », vous avez accès aux références bibliographies de l’article, selon la norme APA, ISO 680 ou AMA, pour importer les données dans un gestionnaire de bibliographies. Les articles que vous avez écrits sont automatiquement inclus dans votre bibliothèque et vous pourrez également importer toutes les citations que vous avez effectuées.

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Lien : https://scholar.google.fr/

Rappelons aussi l’existence de Google Livres, dans la galaxie Alphabet, un index web qui permet de faire des recherches en texte intégral dans des millions de livres qui’ont été numérisés, (incluant les livres épuisés, livres du domaine public ou du domaine commercial). La plupart du temps vous pouvez, via Google Livre, consulter les passages du livre où figure l’objet de votre recherche, voire même le texte intégral.

 

freeWorldCat : le plus grand catalogue des bibliothèques au monde

 WorldCat rassemble les catalogues de plus de 10 000 bibliothèques publiques et privées  à travers le monde. C’est la base de données bibliographiques en ligne de l’OCLC (Online Computer Library Center) qui est un une organisation à but non lucratif mondiale, créé en 1967, au service des bibliothèques, avec pour but d’offrir un meilleur accès public aux informations et d’en réduire le coût. Il est est réputé être le plus grand catalogue OPAC (Online public access catalog) du monde.

Créé en 1971, WorlCat est la contraction de l’anglais World Catalog (catalogue mondial). WorldCat est en accès libre via le Web sur WorldCat.org depuis 2006.

Dix ans plus tard, son moteur de recherche donne accès à plus de deux milliards d’ouvrages et permet d’obtenir des références bibliographiques dans les cinq styles les plus utilisés et d’exporter ces références.

worldcat

Concernant la recherche d’article, il est possible de limiter à certaines revues, périodiques qu’il vous faudra spécifier. Un outil pour affiner votre requête est également proposé. On notera aussi la possibilité de taguer des articles et de faire une recherche par folksonomies.

worldcat recherche avancee

Identifiez-vous pour écrire des critiques et créer des listes et des bibliographies sur les ouvrages de bibliothèques, il faudra vous identifier.
En prime si vous acceptez la géolocalisation, WorldCat vous indique les bibliothèques les plus proches où trouver le livre ou document que vous recherchez.

A noter que L’Agence bibliographique de l’enseignement supérieur (ABES), collabore avec l’OCLC pour mener à bien le projet WorldCat. Le but est d’améliorer la visibilité du catalogue Sudoc (système universitaire de documentation). Le projet prévoit le versement des données du Sudoc dans WorldCat. Il s’agira, pour les établissements, de rendre les collections des bibliothèques du Sudoc visibles sur WorldCat. Pour cela, l’ABES enverra une copie de la base du Sudoc à l’OCLC qui l’intégrera à Worldcat après dédoublonnage. Rien ne changera dans les pratiques du réseau : ni le format (Unimarc), ni les règles, ni l’assistance.

Lien : http://www.worldcat.org/

freeBASE

BASE (Bielefeld Academic Search Engine) est un moteur de recherche développé dans le cadre du projet Open Archives Initiative (OAI) par l’Université de Bielefeld (Allemagne). BASE est un des plus importants moteurs de recherche au monde consacré aux publications universitaires et scientifiques.

Il se distingue d’autres moteurs de recherche par sa spécialisation universitaire, la capacité de trouver des ressources appartenant au Web profond (ou Web invisible, non indexé par les moteurs commerciaux), l’utilisation de la recherche plein texte et la présentation des résultats de recherche accompagnés des données bibliographiques.

base research

Il donne accès à plus 87 832 050 documents provenant de 4 028 sources de contenus (à la date de rédaction del’article).  Plus de trois quarts d’entre eux sont proposés dans leur intégralité. Beaucoup d’universités françaises y sont représentées. BASE effectue l’indexation automatique des bibliothèques numériques utilisant le protocole Open Archives Initiative Protocol for Metadata Harvesting (OAI-PMH).

Lien : http://www.base-search.net/

About the Author

prisca
Créatrice du blog quoideneufdoc.com. Consultante en info-documentation et communication, conceptrice-rédactrice, gestionnaire de communautés. En parallèle, je fais des recherches dans le domaine des humanités numériques et l'ingénierie pédagogique... pour favoriser la réussite de tous et lutter contre les discriminations, notamment par l'EMI. Très sensible aux "éducations à..." : éducation aux médias et à l'information et développement de l'esprit critique, prévention de la santé et promotion du bien être plus globalement, comme facteurs clés d'autonomie et de lutte contre les inégalités et la précarité.